Lise à l’ombrelle, 1867 ; Renoir

Huile sur toile, 184 x 115 cm

Folkwang Museum, Essen, Germany

 

Il s’agit de Lise Tréhot, la maîtresse de Renoir. On la voit sur de nombreuses toiles : Diane chasseresse, Lise cousant, la baigneuse au griffon, Lise au châle blanc.

Au cours de l’été 1867, Renoir a énormément travaillé dans la forêt de Chailly-en-Bière, où il avait été encouragé par Monet. Pour cette composition, il utilise comme modèle Lise Tréhot, sa maîtresse, et aussi son modèle dans la Diane chasseresse. Lise apparaît debout, en grandeur nature, vêtue d’une robe blanche, une ombrelle à la main. Elle se présente de face, débouchant d’une allée, balançant son corps souple, attiédi par l’après-midi brûlante. La jeune fille, le terrain autour d’elle, et un tronc d’arbre par derrière reçoivent les plaques de lumière et les reflets, que le soleil fait descendre à travers le feuillage. Sa tête reste dans l’ombre que souligne la blancheur de son vêtement.

Cette œuvre marque un pas en avant, car elle est peinte en plein air, dans la forêt de Fontainebleau. Les caractères de la peinture de plein air sont là maintenant bien établis, mais en même temps s’y révèlent encore des traits dus à Courbet, maître qui influençait alors les jeunes artistes portés vers l’observation directe de la nature. Mais il est bien certain que la composition de Renoir cherche plus l’illumination de chaque moment, par rapport à la philosophie impressionniste, en apportant des tonalités aux ombres. Les touches sont rapides et larges, en s’éloignant de l’académisme qui triomphe dans le Salon.  Cette toile est présentée au Salon de 1868 et acceptée. La toile, qui étudie déjà la gamme des blancs chère aux futurs impressionnistes, emporte l’estime du public éclairé. Elle reçoit des commentaires favorables de certains critiques. W. Bürger-Thoré écrit: "L’ensemble est tellement naturel et avec une observation tellement précise, qu’ils le trouveront mauvais, tant qu’ils sont habitués à ce que la nature soit imaginée par des couleurs conventionnelles", tandis qu’Astruc qualifie Lise comme "la fille du peuple avec tout son caractère parisien". Mais cet intérêt pour une œuvre audacieuse irrite les gardiens du temple : "parce que Lise avait du succès, regardée qu’elle était et discutée par quelques connaisseurs, révèle Castagnary, à la révision, on l’a portée au dépotoir dans les combles, à côté de La Famille de Bazille, non loin des grands Navires de Monet." La toile sera acquise ultérieurement pas le critique Théodore Duret.

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