Femme à la perruche, 1871 ; Renoir

Huile sur toile, 92.1 x 65.1 cm

Solomon R. Guggenheim Museum, New York City

La femme qui tient la perruche est l’amie et la compagne de Renoir depuis six ans, Lise Tréhot, dont les traits juvéniles sont reconnaissables dans pas moins de seize autres toiles que l’artiste peignit entre 1867 et 1872. Il a probablement peint ce tableau dès son retour de service dans la guerre franco-prusse en 1871, avant que Lise ne se marie en avril 1872 avec un architecte issu d’une famille aisée, et ne le revoie bien évidemment jamais plus. La femme tient une perruche, animal de compagnie populaire et exotique à cette époque. La robe noire en taffetas, les manchettes blanches et la ceinture rouge accentuent le noir de la chevelure de Lise et la blancheur de sa peau ; les murs verts foncé et les plantes suggèrent  un intérieur assez lourd et formel. La touche plumeuse et richement texturée suggère que l’artiste a capturé une ravissante jeune bourgeoise à un moment de loisir. Cependant, l’exagération de l’image sur des tonalités sombres, l’expression ambivalente de la femme, et l’espace renfermé qu’elle occupe indiquent que ce n’est pas simplement l’aperçu d’un passe-temps frivole. Les feuilles pointues des plantes près du modèle, limitent son espace, comme celui de l’oiseau. Que la femme puisse être perçue comme un oiseau mis en cage est encore suggéré par sa robe raffinée et hérissée de rubans rouges et son expression songeuse. Dans les peintures de genre des années 1860 et 70, de telles jeunes femmes richement habillées sous-entendaient qu’elles étaient des lorettes, ou courtisanes de haute classe. La perruche et la cage dorée de l’oiseau sont parfois interprétés comme des symboles érotiques. Le sujet d’une femme tenant une perruche apparaît à partir des années 1860 dans des oeuvres de Gustave Courbet, Edouard Manet, et Edgar Degas. Cette peinture fut aussi décrite comme une célébration du  noir, que Renoir appelait “la reine des couleurs”.

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