La loge, 1874 ; Renoir

Huile sur toile, 80 x 63.5 cm

Courtauld Institute of Art Gallery, London

 

Dans leur désir pour représenter des scènes de la vie moderne, les impressionnistes ont effectué plusieurs oeuvres avec des images de loges. Degas, Eva Gonzalès, ou Renoir à cette occasion, nous montrent et une fois de plus les divertissements de la bourgeoisie parisienne, en se rattachant au Réalisme.

Ce chef-d’oeuvre, peint quand Renoir a trente-trois ans, peut être considéré simplement comme un aperçu de la vie contemporaine mais aussi dans un sens comme celui de l’art  du portrait. Renoir utilise comme modèles des deux personnes au premier plan de la composition son plus jeune frère Edmond-Victoire – journaliste Parisien, et pêcheur reconnu, qui a écrit beaucoup d’articles et même de livres sur la pêche -, et un célèbre modèle de Montmartre surnommé « Nini, gueule de raie »., horrible surnom qui s’accorde mal à la figure charmante de la jeune femme.

Le style de Renoir se rattache clairement à celui de son grand ami Monet, avec  lequel il a travaillé de façon très proche à La Grenouillère, même s’il s’intéresse davantage aux figures. Dans cet exemple il n’a cependant pas fait d’effort spécial pour l’innovation Impressionniste, comme pourrait le susciter l’impression d’un théâtre par le traitement de lumière. Il n’a pas non plus de scrupule à utiliser le noir, que la théorie Impressionniste évite, tirant sa densité extrême de l’habit de soirée et des lunettes d’opéra d’Edmond  et des rayures du vêtement de Nini. Toute son appréciation du charme féminin caractéristique apparaît dans les yeux, la bouche mobile et la peau délicate de son modèle féminin, en contraste avec l’expression d’Edmond dans l’ombre. La touche est rapide et empâtée, et s’occupe à peine des détails ; les couleurs sombres et l’effet atmosphérique qui dilue les contours s’unissent, comme s’il existait de l’air entre les figures.

Renoir se singularisera toujours par son dessin exquis, comme cela est mis en évidence dans le visage de la dame, plein de volume et la beauté. Cette oeuvre, présentée à l’exposition impressionniste de 1874, ne trouva pas d’acquéreur malgré son caractère luxuriant et sa beauté, et Renoir fut trop content de le liquider à son propre compte au négociant connu sous le nom de père Martin pour 425 francs. Il fut inflexible en ne prenant pas moins que ce qui était l’exacte quantité nécessaire pour payer le dû de son loyer car il n’avait pas d’autre ressource. Mais Nini ou La Loge est le premier de la longue série de portraits que Renoir réaliserait avec un charme inimitable.

Il existe une petite version du même sujet (27 x 22 cm , collection particulière) peinte par petites touches adaptées au format. Ce n’est pas une esquisse,m ais plutôt une répétition pour un amateur, probablement Jean Dollfus.

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